Pas-de-Calais : un chauffeur tué dans un accident provoqué par un barrage de migrants

La camionnette du chauffeur, immatriculée en Pologne, s’est encastrée dans un poids-lourd bloqué par un barrage de troncs d’arbres installé par des migrants sur l’autoroute A16. Une première depuis le début de la crise migratoire en 2014.

Un barrage installé sur l’autoroute A16 par des migrants a fait une victime. C’est une première dans le Calaisis, depuis le début de la crise migratoire en 2014. Dans la nuit de lundi à mardi, le chauffeur d’une camionnette immatriculée en Pologne a perdu la vie après être rentré dans un poids-lourd bloqué par un barrage de troncs d’arbres. Il avait été installé par des migrants entre les échangeurs 49 et 50 sur l’autoroute A16, au niveau de la commune de Guemps à quinze kilomètres de Calais.

La camionnette s’est embrasée dans l’accident. L’identité du conducteur n’est pas connue à ce stade, «compte tenu de l’état du corps», précise la préfecture du Pas-de-Calais. Neuf migrants de nationalité érythréenne ont été interpellés dans l’un des trois poids-lourds bloqués par le barrage. Ils ont été placés en garde à vue.

Les barrages routiers refont leur apparition dans les Hauts-de-France, signe d’un retour croissant des migrants qui veulent passer en Angleterre, malgré le démantèlement de la Jungle en octobre dernier. Au début du mois de juin, une vingtaine de migrants avaient installé un barrage enflammé sur l’autoroute A16 au niveau de Marck, soit quelques kilomètres avant l’entrée vers la rocade portuaire. Fin mai, un autre barrage avait été érigé dans des conditions similaires.

Les migrants reviennent dans le Calaisis avec le retour des beaux jours. Pour la plupart Érythréens et Soudanais, ils tentent de passer en Angleterre. Ils seraient environ 500 selon l’association l’Auberge des migrants, 300 selon la préfecture. Depuis le démantèlement de la «Jungle» en octobre 2016 et la prise en charge de 7000 migrants dans des Centres d’accueils pour demandeurs d’asile (Cada), les services de l’État tentent d’éviter la réinstallation des migrants dans le Calaisis.

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