La terrible réponse du Royaume-Uni aux mineurs isolés de Calais

Deux mois après la fermeture du campement de réfugiés à Calais, et après que le Royaume-Uni a refusé de les accueillir, beaucoup des enfants et ados qui y vivaient se retrouvent dans une impasse.

Ils sont plus de 1500. Afghans, Sud-Soudanais, Erythréens, beaucoup de jeunes gens, mais aussi des enfants, des garçons en majorité, mais également des filles, répartis par petits groupes un peu partout en France, après leur évacuation, aux derniers jours d’octobre, de la «Jungle» de Calais. Ils ont quelque chose de ces petits personnages, orphelins, chiens perdus sans collier, dont regorgent les contes de Noël à la télé, mais dans leur cas, sans garantie d’heureux dénouement. Tous prétendaient au droit d’être transférés en Grande-Bretagne en vertu du règlement, dit de Dublin III, permettant à des mineurs isolés, bloqués à Calais, mais qui pouvaient se prévaloir de proches parents installés outre-Manche, de gagner légalement la côte anglaise pour rejoindre leurs familles.

La réponse de Londres est tombée le 9 décembre: c’est non. Non pour tous. D’un bloc, tous les 1500. Pas de détails. Plus d’exceptions. Même pour les filles, même pour les enfants, alors qu’un amendement récent à la loi anglaise sur l’immigration fait en principe obligation au ministère d’ouvrir les portes de la Grande-Bretagne à celles, à ceux qui n’ont pas de famille directe sur place. La colonie toute entière. Toutes les grappes de gosses qui attendaient depuis des semaines, dans les centres d’accueil des régions vers lesquels le hasard logistique de l’éparpillement calaisien les avait dirigées, d’être appelées, un matin, un par un, dans le bureau du directeur pour y apprendre une bonne nouvelle, puis qui, faute d’être appelées, faute de la bonne nouvelle en question, s’étaient mises à se décourager, à mesure qu’avançait la fin de l’année.

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