La préfète du Pas-de-Calais a décrété « la fin de la jungle », mais de nombreuses incertitudes demeurent

Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, affirme qu’il en est fini de la jungle, mais pour les associations, l’affirmation est un peu rapide. Il est difficile de connaître pour le moment le nombre exact de récalcitrants, mais on sait déjà que certains exilés ont fait le choix de retourner dans les tentes et abris épargnés par les flammes. Ce n’est plus qu’une question d’heures avant qu’ils ne soient à leur tour délogés ce jeudi, alors que le « nettoyage » de la jungle est en passe de s’intensifier.

CALAIS, FRANCE - OCTOBER 26: Fire breaks out at the Calais 'jungle' camp during the third day of evacuation in Calais, France on October 26, 2016. The camp has been demolished by the French authorities under heavy police protection. Workers are presently destroying temporary shelters inside a perimeter guarded by police. NnoMan Cadoret / Anadolu Agency
Photo AFP

L’histoire de la jungle est-elle sur le point de se répéter ?

« Rien ne permet de savoir si le maintien à Calais de plus de 2 000 forces de l’ordre empêchera les migrants de stationner de nouveau dans cette ville aux portes de l’Angleterre, comme ils le font depuis près de vingt ans. Tout laisse même plutôt pressentir que l’histoire pourrait bien bégayer« , écrit Maryline Baumard, journaliste au Monde. 

Pour l’instant selon la préfecture, aucun squat ne s’est établi à Calais ou dans ses environs. En revanche, plusieurs centaines de personnes ont déjà fui la jungle pour un autre camp, celui de Grande-Synthe dans la banlieue dunkerquoise. Damien Carême, maire (EELV) de Dunkerque, déplore cette situation et affirme que le camp de Grande-Synthe a refusé une cinquantaine de personnes chaque jour depuis vendredi dernier. « Fin septembre, le camp comptait 724 migrants. Aujourd’hui, nous sommes à 1 065. En deux week-ends, nous avons accueilli 350 personnes en provenance de Calais. Nous ne pouvons pas être le refuge du démantèlement de la jungle. »

Le camp peut accueillir jusqu’à 1 500 personnes et l’ONG Médecins sans Frontières (qui a contribué à la création de ce lieu) regrette qu’on refuse d’accueillir des exilés en situation de détresse alors qu’il reste de la place.

Autre question encore en suspens : le sort des structures d’accueil pour les mineurs et pour les femmes (le CAP et le centre Jules Ferry). Le gouvernement pourrait décider de les déplacer plus au sud dans les terres. Enfin, « Jean Aribaud, ex-préfet du Nord, et Jérôme Vignon, président de l’Observatoire national de la pauvreté, devraient remettre ces jours-ci un rapport au ministère de l’intérieur pour lui suggérer quelles structures devraient être construites pour éviter de nouvelles jungles », écrit la journaliste.

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