« Jungle » de Calais : la drôle d’autogestion d’« un brouillon de ville »

Une ville fantôme, sans gestion officielle. Voilà ce qu’a été la « jungle » de Calais, ce campement qui a accueilli jusqu’à 10 000 migrants, avant que le gouvernement ne décide de le démanteler. Cette cité, qui a existé pendant dix-neuf mois sans gouvernement, sans conseil municipal et presque sans services publics, doit être détruite à partir de lundi 24 octobre.

L’Etat comme la municipalité ont, autant que possible, fermé les yeux sur cette excroissance de Calais. Ils ne les ont rouverts à demi que lorsque le Conseil d’Etat a exigé, en novembre 2015, des aménagements de première nécessité. Les personnes entassées là, à l’issue d’une odyssée de dizaines de milliers de kilomètres, n’ont jamais bénéficié des formes d’organisation classiques que connaissent les autres territoires de la République. Mais comme la nature a horreur du vide – et parce que les exilés avaient envie d’un quotidien digne de ce nom –, une administration officieuse s’est installée. La vacance étatique a été comblée par un véritable gouvernement associatif de la jungle.

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