Des associations attaquent l’Etat pour que les migrants puissent se doucher et manger à Calais

Onze associations déposent un référé-liberté vendredi matin au tribunal administratif de Lille, pour obliger l’administration à venir en aide à des centaines de migrants.

Il n’y a plus que le droit qui puisse faire avancer la cause des migrants à Calais (Pas-de-Calais). C’est en tout cas ce qu’estiment les associations qui, chaque jour, sont empêchées de venir en aide aux 500 ou 600 exilés qui se terrent là pour tenter, la nuit, de passer au Royaume-Uni. Vendredi 16 juin au matin, onze ONG, dont les « historiques » du Calaisis, et plusieurs dizaines de migrants, ont déposé conjointement un référé-liberté qui sera examiné par le tribunal administratif de Lille dans les prochains jours.
Alors que le Défenseur des droits, Jacques Toubon, s’est inquiété, mercredi, d’atteintes aux droits « d’une exceptionnelle et inédite gravité » à Calais, parlant de « conditions de vie inhumaines », voire de « traque », les associations demandent prioritairement la reconstitution d’un lieu d’accueil et une meilleure prise en charge des nombreux mineurs qui errent en périphérie de la ville.

Au-delà, les associations souhaitent a minima pouvoir disposer d’un centre de distribution alimentaire, de points d’eau potable en nombre suffisant et de douches afin que les besoins les plus élémentaires des hommes, femmes et enfants ne soient plus niés. Ce référé-liberté aimerait donc obtenir que l’administration (plus particulièrement l’Etat et la commune) soit contrainte de mettre à disposition des exilés un service de distribution de repas.

Depuis l’évacuation du bidonville de la Lande, fin octobre 2016, les pouvoirs publics font en effet la sourde oreille aux demandes des associatifs, chaque jour confrontés à des arrivées plus nombreuses. A la fin de la « jungle », en octobre 2016, 4 000 repas étaient servis chaque jour par l’Etat. D’un jour à l’autre, ils ont été supprimés, laissant penser que les migrants ne revenaient pas à Calais, qui reste le point de passage le plus aisé et le plus direct vers le Royaume-Uni.

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