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Les migrants ont de nouveau rendez-vous avec la mort à Calais

Les migrants reviennent à Calais, disent toutes les associations. En nombre. Et ils reprennent leur périple dangereux vers l’Angleterre, quels que soient les risques.
22 février 2017, Cimetière de Calais. Enterrement de Jamal, réfugié éthiopien, mort sur l’autoroute de Calais.
Plusieurs véhicules sont passés sur son corps sans s’arrêter. Il n’était pas un nouveau venu. Connu comme « John Sina », il avait passé quelques mois à Norrent-Fontes et dans la jungle de Calais. Parti en CAO, il était de ceux qui avaient cru aux promesses gouvernementales. Hélas, sans avenir en France, et rejeté par les autorités britanniques, il était revenu près de la frontière, pour tenter de passer à nouveau. Sa dernière demeure sera Calais, après des mois d’errance en France. Des bénévoles de l’Auberge des Migrants ont payé ses funérailles. Au milieu de dizaines d’autres sépultures de migrants qui forment désormais un secteur du cimetière de Calais.
Les migrants reviennent à Calais, mais il ne faut surtout pas les voir. C’est tout le sens de l’action publique, en ce moment. La police les pourchasse. La ville de Calais harcèle ceux qui les aident. Il faut que les images soient conformes à la communication officielle : le problème a été réglé avec le démantèlement de la jungle. Même morts, les migrants doivent être invisibles : la mairie de Calais a interdit les images dans son cimetière.