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Que vont devenir les « recalés » de l’Angleterre ?

minderjaehrige_0Les mineurs isolés de la jungle de Calais ont tous été évacués, mais peu d’entre eux seront acceptés en Angleterre. Que vont devenir tous les autres ? Depuis mercredi 1600 mineurs isolés ont été évacués de la Jungle et envoyés dans des centres d’accueil aux quatre coins de la France. Mais 95% d’entre eux veulent toujours gagner l’Angleterre. Or la Grande-Bretagne n’a accepté d’en accueillir que 200 à 300 sur son territoire. Au minimum 1300 d’entre eux seront donc pour l’instant recalés.

Tous n’iront pas en Angleterre

Une chose est sûre : tous les mineurs isolés de Calais ne partiront pas vers la Grande-Bretagne. Theresa May a refusé de prendre des engagements supplémentaires et d’accueillir plus de mineurs isolés que prévu. Londres veut limiter l’accueil aux migrants mineurs qui ont un lien familial avec la Grande Bretagne. La procédure britannique est la suivante : des commissions locales sont saisies dans les comtés où les mineurs ont déclaré avoir de la famille. Des enquêtes sont réalisées pour vérifier le lien de parenté. Il s’agit de décisions paritaires, prises par les juges et les travailleurs sociaux. Selon le directeur général de France Terre d’asile Pierre Henry, « à peu près 500 » mineurs peuvent prétendre au regroupement familial. A peine un tiers des mineurs de Calais.

Seule issue : une demande d’asile en France

Qu’adviendra-t-il alors de tous les autres ? L’Auberge des Migrants, l’une des principales associations d’aide aux migrants, ne donne qu’un seul conseil aux mineurs isolés ne pouvant bénéficier du regroupement familial : déposer une demande d’asile en France. Le but : d’abord éviter l’expulsion une fois leur majorité atteinte. Car en France, les mineurs isolés étrangers ne peuvent pas être expulsés et ont le droit de séjourner dans le pays. Ensuite, pouvoir-éventuellement- engager de nouvelles démarches pour gagner l’Angleterre.
Le gouvernement français veut inciter les mineurs à opter pour cette solution. C’est en tout cas ce qu’à déclaré le premier ministre Manuel Valls, le 2 novembre : « demain, [les demandeurs d’asile de Calais] parleront français. Demain, ils porteront nos valeurs. Demain, certains seront députés, membres du gouvernement… »

Arrivée : Caomi / Retour : Calais

Mais les déclarations du Premier ministre sont loin d’avoir été entendues par tous les mineurs. A peine arrivés dans les centres d’accueil, certains sont repartis. C’est le cas de Fouras en Charente-Maritime où onze sur vingt-deux mineurs sont partis. Idem à Sion, en Meurthe-et-Moselle, où près de la moitié des quarante migrants arrivés ont quitté le Caomi (centre d’accueil et d’orientation pour mineurs isolés. Retour à la case départ, Calais.

Pour plusieurs associations, cela était prévisible. Trois d’entre elles ont déposé le 3 novembre devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer un recours contre les départs des 1600 mineurs de la « Jungle » de Calais vers des Caomi. L’avocate des parties civiles a déclaré ceci : « on a vendu à ces enfants la montée dans les bus en leur laissant croire qu’ils allaient rejoindre l’Angleterre ».