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Calais, les malheurs du commerce

Les commerçants du P’tit Quinquin, quartier proche de la lande calaisienne, ont vu leurs bénéfices diminuer drastiquement avec le développement de la jungle. Si certains ont récemment noté une timide reprise des affaires, tous voient dans le démantèlement du bidonville une solution à court-terme, bien loin d’être suffisante pour réanimer leur ville sinistrée.

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Restaurants fermés, boutiques en faillite, panneaux « à vendre » accrochés en nombre sur les façades : les commerçants calaisiens ont vécu un sale moment. Leur chiffre d’affaire a suivi une courbe inverse à celle du développement de la jungle. Proche du port, le quartier du P’tit Quinquin a été le plus touché par la crise. Son image s’est rapidement dégradée après l’apparition des squats – il y en avait quatre dans ce seul périmètre – et ses rues, autrefois très passantes, ont été progressivement délaissées. « Les touristes anglais ont arrêté de venir, mais pas seulement : petit à petit certains habitués aussi », regrette Laurent Roussel, président de l’union commerciale du quartier et propriétaire du café Le Cabestan.

En 2014 certains commerces comme le café de Laurent Roussel ont vu leur chiffre d’affaire baisser de plus de 50%. Il a donc alerté le régime social des indépendants (RSI) sur ces difficultés.  L’organisme a accepté de soulager certains commerçants du P’tit Quinquin de leurs taxes pour un trimestre, un coup de pouce qui les a aidés à garder la tête hors de l’eau.

Un répit de courte durée ?

« Depuis le démantèlement de la jungle, il y a une petite amélioration. On a vu revenir certains clients qui ne venaient plus depuis plusieurs mois », explique le propriétaire du Cabestan entre deux expressos servis. Mais cette éclaircie pourrait ne pas durer selon lui. « Hier encore, j’ai vu des familles entières arriver à Calais avec leurs affaires. Les migrants vont continuer de venir puisqu’ils veulent aller en Angleterre », prédit-il. Il faudrait selon lui des structures d’accueil pérennes, que la ville de Calais aurait pu mettre en place depuis longtemps :

Pour le moment en tous cas, peu de commerçants croient en l’efficacité du démantèlement. Certains n’ont d’ailleurs pas enlevé les barres « bloque-porte » de leurs boutiques, et préfèrent demander à leurs clients de sonner pour pouvoir filtrer les entrées. Aujourd’hui la jungle a disparu. Mais pas les regrets, ni la méfiance.