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CALAIS, FRANCE - OCTOBER 24 : Refugees with their luggage wait to leave Calais 'Jungle' camp as its dismantlement begins in Calais, France, 24 October 2016. As part of a three-day operation planned to clear the camp, more than 7,000 refugees will be moved to evacuation centers across France. NnoMan Cadoret / Anadolu Agency

Accueil des mineurs isolés : quelle est la position de la Grande-Bretagne ?

Avant le début du démantèlement, l’association France terre d’asile recensait près de 1 300 mineurs isolés dans la jungle, dont 95% avaient déclaré vouloir rejoindre la Grande-Bretagne. Leur prise en charge a causé des désaccords entre les gouvernements français et britannique. Jungle News fait le point sur la position de la Grande-Bretagne.

CALAIS, FRANCE - OCTOBER 24 : Refugees with their luggage wait to leave Calais 'Jungle' camp as its dismantlement begins in Calais, France, 24 October 2016. As part of a three-day operation planned to clear the camp, more than 7,000 refugees will be moved to evacuation centers across France. NnoMan Cadoret / Anadolu Agency

Au printemps 2016, le gouvernement britannique a décidé d’assouplir sa position à l’égard des mineurs isolés arrivés en Europe. C’est sous l’impulsion d’Alf Dubs, député travailliste, que le Parlement a voté un amendement permettant à la Grande-Bretagne d’accueillir les mineurs isolés les plus vulnérables, y compris s’ils n’ont pas de liens familiaux dans le pays.

Alf Dubs est personnellement touché par la cause des mineurs isolés, étant lui-même arrivé en Angleterre à l’âge de six ans après avoir fui la République tchèque pendant la Seconde Guerre mondiale. Après une visite dans la jungle, il avait alerté le gouvernement britannique à propos des conditions de vie déplorables des mineurs.

“Mise à l’abri” des mineurs isolés de la jungle : et après ?

Lundi 24 octobre au soir, Bernard Cazeneuve a déclaré que 400 mineurs isolés avaient quitté la jungle pour être “mis à l’abri” dans un centre d’accueil provisoire (CAP) à Calais. Mardi 25 octobre à la mi-journée, 139 autres les avaient rejoints. Ils seront logés dans ces centres pendant l’instruction de leur dossier par le Royaume-Uni. La préfecture du Pas-de-Calais précisait lundi « qu’une solution adaptée sera proposée » à ceux dont la demande sera rejetée.

Il a également annoncé que le Royaume-Uni « accueillera tous les mineurs isolés présents à Calais dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies » et que les autorités britanniques allaient “étudier les dossiers des mineurs non accompagnés qui n’ont pas de liens familiaux mais dont l’intérêt supérieur serait de rejoindre ce pays”. Le ministre de l’Intérieur français a rappelé que près de 200 mineurs avaient quitté Calais la semaine précédente pour la Grande-Bretagne, dont soixante jeunes filles n’ayant pas de famille dans le pays, mais risquant d’être « exploitées sexuellement ».

Pour Londres, c’est le gouvernement français qui a retardé le processus

British Home Secretary Amber Rudd delivers a keynote address on the third day of the annual Conservative Party conference at the International Convention Centre in Birmingham, central England, on October 4, 2016. British Prime Minister Theresa May announced at the weekend that her Conservative government would start the process of leaving the EU within the next six months -- possibly leading to Britain severing ties with the single market. / AFP PHOTO / BEN STANSALL
La ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, le 4 octobre 2016. AFP

Mais son homologue britannique, Amber Rudd, a reproché au gouvernement français d’avoir ralenti le processus d’accueil des mineurs. “Nous avons reçu seulement il y a peu de temps l’accord de la France pour prendre en charge des enfants sous couvert de l’amendement Dubs”, a-t-elle déclaré lundi 24 octobre. En outre, la France aurait tardé à autoriser les autorités britanniques à “interviewer” les mineurs présents dans la jungle. Ces derniers jours, le gouvernement britannique affirme avoir eu des entretiens avec 800 enfants à Calais. L’objectif est de vérifier leur statut de mineur (ce qui est souvent complexe), et leurs liens familiaux en Grande-Bretagne pour ceux qui ont déclaré en avoir.

Mardi 25 octobre, la situation s’est tendue dans la file d’attente destinée aux mineurs. En effet, celle-ci n’avançait que très lentement, justement à cause de ces entretiens individuels avec les autorités britanniques. Les associations ont prévenu certains mineurs dans la file qu’il leur faudrait revenir le lendemain, ce qui a provoqué quelques bousculades. La ministre britannique Amber Rudd a précisé qu’il n’y aurait pas de nouveaux départs en Grande-Bretagne tant que le démantèlement de la jungle ne sera pas terminé, afin d’éviter d’encourager d’autres enfants à rejoindre le camp calaisien.